La technique de construction









La technique de construction du violon n'a pour ainsi dire pas changée depuis l'époque des grands maîtres luthiers cremonais tels que Andrea Amati, Antonio Stradivari, Guarneri del Gesu. Il faut remarquer, tout de même, des modifications significatives: l'allongement du manche, son inclinaison plus importante par rapport à la caisse et une barre plus longue et plus forte afin de soutenir la pression croissante des cordes.
La technique de fixation du manche sur la caisse évolua également d'une manière considérable: d'un simple collage sur les éclisses renforcé par un clou planté de l'interieur lorsque la caisse est encore ouverte, on passe à un véritable assemblage dit à queue d'arronde qui une fois collé donne beaucoup plus de garantie. Ces transformations se firent à la fin du dix-huitième siècle et on passa ainsi du violon baroque au violon moderne.
L'évolution empirique des instruments à cordes est très curieuse. En effet, en remontant le cours du temps, avant même l'époque de Stradivari, on a pu assister à des modifications très intéressantes. Prenons comme exemple la barre. Elle est née pour renforcer la table d'harmonie.
  Elle était située au centre de celle-ci et creusée dans la masse de l'épicéa. Le résultat n'était pas toujours satisfaisant parce qu'elle avait tendance à céder rapidement. Pour cette raison peut-être, on commenca à ajouter une pièce de bois pour réaliser la barre et on la déplaca, à force de tentatives, sous le pied des basses du chevalet en lui donnant une certaine tension (ce qui n'est pas forcément une bonne chose à mon avis). Il était devenu à ce point, nécessaire de renforcer l'autre partie de la table où appuie le pied des aigus du chevalet. Ainsi naquit l'âme du violon, ce petit cylindre en sapin qui est introduit dans la caisse acoustique et coincé entre le fond et la table. Sachant que sans cet élément, l'instrument perd une grande partie de sa sonorité, on ne peut que s'émerveiller devant l'esprit ingénieux de nos ancêtres.
Pour ce qui concerne l'outillage, les matériaux (l'acier principalement) se sont améliorés ainsi on dispose de toute une gamme d'outils qui tient mieux l'affûtage. Certaines machines outil comme la raboteuse, la scie à ruban, la toupie etc, facilitent le dégrossissage jadis entièrement fait à la main.
Pour ce qui est de la matière première, le bois, on utilise toujours les mêmes essences c'est à dire l'érable et l'épicéa. Le milieu de la lutherie est particulièrement traditionnel et il est remarquable que depuis plus de trois cents ans le violon n'ait pas changé d'aspect. Au début du siècle, des luthiers comme Savart, Chanot et d'autres, ont proposé des violons aux lignes plus ou moins diverses (et discutables) obtenant même de bons résultats sonores mais sans succès auprès des musiciens.

 
  Pour d'autres informations, écrire à: devanneaux@le-violon.net




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